S'informer en temps de confinement

Les médias représentent-ils le quatrième pouvoir ? A l'aune de la crise sanitaire de la Covid-19, l'information reste une source d'occupation importante dans les foyers confinés. Cette étude, réalisée par des étudiants de l'ECV Digital d'Aix en Provence, présente les modalités d'informations de six foyers français. Les profils interrogés se veulent diversifiés pour obtenir un panel de situation large et représentatif des différences. On trouvera trois hommes et trois femmes, de 28 à 62 ans, étudiant, actif ou retraité, tous confinés en famille, en extérieur ou en appartement Bien entendu, il s'agit d'un petit échantillon non généralisable, mais qui donne à voir un aperçu sociologique que nous vous présentons ici de manière concise et dynamique.



S'informer en famille, afin de partager et vérifier l'information reçue

Pour l'ensemble des interrogés, leur santé physique et mentale se présentent bien, malgré une anxiété palpable pour certains. Ils peuvent se consacrer à eux-même et à leur famille, faire plus de sport (pour garder un rythme), et/ou penser plus sereinement leurs projets futurs.


« Oui ça se passe bien nous étions ensemble avec ma compagne avant le confinement, on s'était fixé des objectifs concernant notre appartement, cela c’est étoffé au fil des semaines » Alexandre, entrepreneur de 30 ans, vivant en concubinage.

Le confinement se passe en famille pour tous les interlocuteurs. La prise d'informations s'effectue également en famille. Elle permet de mieux échanger sur les données, de les croiser et de les vérifier plus facilement. Elles sont d'abord échangées avec l'entourage proche, puis moins proche une fois celles-ci vérifiées.



La télévision est perçue comme passive et anxiogène

Dans le cadre de la télévision, l'information est reçue collectivement (famille) et prise en une seule fois. Il est privilégié pour les JT de 20h. L'effet de groupe est présent et l'échange d'informations s'effectue en direct.

Les informations ne sont pas choisies, le téléspectateur est passif. La réception demeure plus difficile. L'information est perçue comme anxiogène et redondante. Le côté sensationnel dérange. Et l'absence d'informations internationales est pointé du doigt.


« La tv par contre je la trouve dans l’ensemble anxiogène » Ludovic, 28 ans en reconversion professionnelle.


« Je m’informe via les journaux télévisés du 20h et surtout grâce au journal d'Arte. Il est beaucoup plus intéressant que les journaux nationaux de 20h qui fournissent beaucoup de banalités, je n’y apprends rien. Arte journal, c’est une synthèse de ce qui passe dans le monde » Marie , 59 ans, conseillère immobilier.

Cependant, la télévision reste le mode de communication le plus essentiel pour transmettre les informations les plus importantes en temps de crise, en raison de son accessibilité au plus grand nombre.



Radios, internet, presse écrite : des informations plus courtes et impactantes

Pour ces supports, les publics deviennent acteurs de leurs informations. On va chercher l'information, on la croise plus facilement, et on peut même approfondir si on le souhaite.

Elle divertit par internet, elle admet des sujets variés à la radio, et sa sélection est plus aisée dans la presse écrite.


« Sur Instagram, l’info est personnalisée. Elle est en conformité avec ce que j'apprécie et recherche déjà, je la perçois donc positivement. » Ludovic, 28 ans en reconversion professionnelle.

Les informations sont courtes et précises, avec des échanges facilités et une rapidité de lecture appréciée.



Evolution de l'épidémie et précisions autour du déconfinement : les deux centres d'intérêts majeurs

Concernant les informations en contexte de crise sanitaire, les personnes interrogées recherchent surtout des informations sur l'évolution de l'épidémie et sur le déconfinement.

Les informations marquantes sont la problématique des masques, avec l'imbroglio entre leur utilité / inutilité et leur nombre, et les soutiens anonymes envers les principaux acteurs de lutte contre l'épidémie.

Pour les deux allocutions présidentielles principales, on notera deux grandes différences entre la première et la dernière intervention :

– pour la première, aucune surprise sur le fond (confinement, restrictions...) mais beaucoup d'interrogations sur la forme ( le concept de « guerre » reste controversé) ;

– pour la dernière, à l'inverse, la forme du discours semble satisfaisante mais la date et les conditions du déconfinement paraissent floues.


« Je pense que le discours était nécessaire mais trop extrême. J’ai compris le but de son discours, mais, c’était un discours qui pouvait créer de la panique, il n’était pas rassurant. Selon moi, un Chef d’État doit rassurer lorsqu’il s’adresse aux citoyens » Alain, 62 ans, marié, père de quatre enfants.

Dans l'ensemble, on retient une volonté de rassembler le peuple français face à la crise et de les informer quotidiennement. Ils restent compréhensifs face à l'aspect flou de certaines informations.



A quoi reconnaît-on une bonne information?

Les interlocuteurs mettent l'accent sur l'importance d'une information vérifiée, solide, sans banalités. On recherche une information qui inspire confiance et plutôt positive (par exemple sur les effets positifs du confinement sur le plan écologique, ou le freinage de l'épidémie, plutôt que le bilan comptable de victimes, véritablement angoissant).


« Une information de qualité est vérifiée, véhiculée par des média de confiance, de manière journalière et factuelle. Les nombres de morts ou les reportages dans les EHPAD me mine le morale. » Alain, 62 ans, mariée, père de quatre enfants.

La réputation de la source et sa neutralité sont les deux paradigmes importants d'une bonne information. A l'inverse, une mauvaise information est orientée, tranchée, non vérifiée, sur un média douteux et anxiogène.


Pour conclure


Les informations restent nécessaires pour la vie en société (faire partie d'un collectif, se tenir informé). Bien qu'elles appellent à la méfiance et régulièrement mises sous les feux des critiques, elles restent un vecteur important de lien social, pour peu qu'elles puissent se montrer fiables, neutres et de préférence positive.

Cette thématique vous intéresse ? Vous souhaitez prolonger la lecture de cette étude et échanger avec nous sur ces résultats qualitatifs ? Nous nous tenons à votre disposition pour vous répondre !

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